Mon roman
Coach en développement personnel et professionnel certifié, Eric Nicloux vous aide à viser et atteindre de nouveaux objectifs
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LA VOIE ROYALE

« Tout ce que vous avez toujours désiré se trouve de l’autre côté de la peur… »

Georges Adair

 

De retour d’un voyage en Thaïlande, Lucas, la trentaine, doit faire face à un phénomène bien étrange : de nombreux souvenirs liés à son enfance ressurgissent, sans parler des rêves tourmentés qui hantent ses nuits… Que s’est-il passé, à l’autre bout du monde, qui puisse expliquer cela ?

Eprouvant le besoin de faire le point sur sa vie pour lui redonner un nouveau sens, il décide de coucher sur papier le récit des évènements afin, l’espère-t-il, d’en tirer des enseignements.

C’est le début d’une quête spirituelle au cours de laquelle seront révélées toutes les pièces d’un puzzle qui, une fois complété, pourrait bien délivrer au jeune homme une clef très précieuse lui permettant de devenir maître de son destin…

Avis de lecteurs déposés sur TheBookEdition.com

Extrait

20 juin 2014.

Quelle escale incroyable !

Cela faisait longtemps que je n’avais pas découvert un nouveau pays, et je dois dire que Singapour ne m’a pas déçu. J’avais tellement attendu de venir ici… L’hôtel est splendide, et j’ai bien profité de sa piscine gigantesque. J’ai pu arpenter les rues de la ville de long en large et prendre une tonne de photos. J’ai aussi eu le temps d’explorer Gardens by the Bay, un immense parc à la végétation luxuriante, aux serres géantes et aux impressionnantes passerelles suspendues. Pour couronner le tout, l’équipage est très sympa. Dès le premier soir, nous nous sommes tous retrouvés pour dîner, et le second pour aller boire un verre dans le quartier festif de Clarke Quay. Bref, une escale comme je les aime, et qui rendent ce métier si magique… Même lorsque j’ai ressenti l’appréhension habituelle du vol retour, j’ai réussi à chasser les idées parasites assez rapidement. Alors que je quitte ma chambre d’hôtel, je suis décidé à redemander cette rotation rapidement.

A bord de l’avion, quelques heures plus tard. Tandis qu’une partie de l’équipage termine de débarrasser la cabine, j’aide Sabrina, une hôtesse sympathique mais bavarde, à ranger le galley. Le service a été ultra-rapide : étant donnée l’heure très tardive du décollage, les passagers sont fatigués. La plupart avait probablement dîné avant de monter dans l’avion, et tous n’ont qu’une envie : s’endormir le plus rapidement possible. Alors que nous en sommes à ranger les derniers plateaux, Sylvie, la chef de cabine, débarque en trombe, suivie de peu par Ludovic, un de mes rares collègues masculins sur cette rotation. Ils semblent partis dans un échange animé. Sylvie nous prend à témoin :

— Vous êtes bien d’accord qu’on va voir le jour se lever rapidement et se recoucher ?

Perplexe, je lui demande :

— Comment ça ?

— Quand on décolle de Singapour à cette heure-là… On voit le jour se lever peu de temps après le décollage, à cause de la courbe de la terre, et la nuit retomber rapidement, pas vrai ?

— Je n’en sais rien… C’est mon premier retour de Singapour…

Sylvie se tourne alors vers Sabrina.

— Toi, tu as déjà fait ce vol ? Tu es d’accord avec moi, non ? Ludo ne me croit pas…

Sabrina éclate de rire et lui répond :

— Franchement, je n’en sais rien !

Faisant mine de s’énerver, la chef de cabine insiste, sur le ton de la plaisanterie :

— Mais qu’est-ce que c’est que cet équipage ? Il n’y en a pas un qui a déjà pensé à regarder par le hublot quand on voit le ciel s’éclaircir à l’horizon ? Pourtant, c’est super beau ! Je suis sûre de ce que je dis, mais personne ne veut me croire !

Je lui rétorque :

— Le mieux, ce serait de demander aux pilotes ! Eux, ils doivent savoir…

Elle me répond du tac au tac :

— En effet, ce n’est pas idiot ! Viens avec moi, on va les voir… (Elle désigne Sabrina et Ludovic) Et eux, on les laisse bosser un peu…

Je la suis jusqu’à la porte du poste de pilotage. Elle tape le code d’accès, et le « clac » du déverrouillage retentit, nous invitant à entrer. Une fois à l’intérieur, Sylvie s’adresse aux deux hommes sur un ton enjoué :

— Dites-moi messieurs, on se pose une question, là-bas derrière…

Mais le commandant de bord l’interrompt sèchement :

— Ce n’est pas le moment. Asseyez-vous tout de suite, et attachez-vous : ça va secouer.

Il pousse le bouton activant la consigne “Attachez vos ceintures” en cabine, et dans la foulée, s’empare de son micro pour s’adresser aux passagers :

— Madame, Monsieur, nous allons traverser une zone de turbulences fortes. Je vous demande de respecter scrupuleusement les consignes de sécurité qui vous seront données par l’équipage commercial. PNC, assis, attachés.

Sylvie et moi nous asseyons sur les deux sièges libres derrière les pilotes, attachons nos ceintures respectives, puis elle me lance un regard qui semble dire : “Oh merde, ça a l’air sérieux…”. Je déteste entendre cette phrase : “PNC assis, attachés”, qui annonce généralement un très mauvais moment à passer. Je sens mon pouls s’accélérer et mon sang se glacer. Il y a quelques minutes encore, nous étions en train de rire et de plaisanter, dans une ambiance détendue, et me voilà subitement rattrapé par la peur. Et à voir la tête de ma chef de cabine, je ne suis pas le seul. C’est d’ailleurs ce qui me perturbe le plus à cet instant précis. Si les autres ont peur aussi, c’est que le problème ne vient pas seulement de pensées parasites et irrationnelles générées par mon cerveau.

Il se passe vraiment quelque chose de grave.

Le commandant de bord manœuvre son siège de manière à se rapprocher du tableau de bord et envoie valser le plateau-repas posé devant lui. Il semble extrêmement concentré. A travers les vitres du cockpit, je distingue dans la pénombre d’immenses masses nuageuses, régulièrement parcourues d’éclairs. Nous sommes encerclés. Puis mon regard se pose sur les instruments de navigation. Avec les années, j’ai souvent eu l’occasion d’assouvir ma soif de connaissance en interrogeant les pilotes, car avoir des réponses à mes nombreuses questions m’a toujours semblé être le meilleur moyen d’apprivoiser la peur. Je suis donc en mesure de comprendre la situation en regardant l’écran radar : si les manœuvres des pilotes nous permettent pour l’instant de slalomer entre les cumulonimbus, en revanche droit devant, il n’y a aucune ouverture. Un mur de nuages nous fait face, nous sommes dans un cul de sac. Nous allons devoir traverser cette zone, et personne ne sait combien de temps cela va durer. Le copilote tente sans relâche de contacter le contrôle aérien pour demander à changer d’altitude, en vain. A leur façon de communiquer, je perçois une grande tension chez les deux hommes.

Ça y est. Nous entrons dans la masse imposante et sombre.

L’avion est immédiatement secoué sur les côtés, de haut en bas, dans des à-coups de plus en plus brutaux. Je suis cramponné à mon siège, assistant à une scène inédite en six ans de carrière : des turbulences sévères vécues depuis le poste de pilotage, mettant à rude épreuve les nerfs de deux pilotes, en proie au stress. Concentrés sur leurs tâches respectives, ils ne se parlent presque pas. La peur m’envahit seconde après seconde, circulant dans mes veines comme un poison glaçant. Dans ma tête, les pensées s’entrechoquent. Je redoute à chaque instant que nous soyons touchés par la foudre. Sylvie me regarde, pose sa main sur la mienne et la serre. Je ne sais pas si son but est de me réconforter ou de se rassurer elle-même. Je ferme les yeux, en espérant que ce mauvais rêve, malheureusement bien réel cette fois, prenne fin au plus vite. Au fond de moi, une petite voix se fait de plus en plus présente.

Mais qu’est-ce que tu fais encore là ? Tu n’as toujours pas compris ? Combien de temps vas-tu t’infliger ça ? Tu n’as rien à faire dans les avions !

Après de longues minutes de calvaire, les mouvements de l’appareil se font un peu moins violents. Rouvrant les yeux, j’aperçois par intermittence le ciel noir entre les masses épaisses de nuages transpercées d’éclairs.

Pitié, faites que ce soit terminé !

L’avion se stabilise et les pilotes se détendent légèrement. En tout cas, ils recommencent à parler, ce qui est bon signe. Je regarde à nouveau l’écran radar. Le pire est passé, semble-t-il… Peu à peu, la situation redevient normale et le commandant de bord nous demande de sortir du cockpit pour aller voir en cabine si tout le monde va bien. Sylvie et moi nous détachons sans un mot, et sortons rapidement. A peine la porte s’est-elle refermée derrière nous qu’une nouvelle secousse se fait brutalement sentir. Nous nous jetons sur les deux sièges réservés à l’équipage qui se font face et attachons nos ceintures immédiatement.

Non, ce n’est pas fini…

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